samedi 19 May 2012

Paroles album : Chansons pour les pieds

Catégorie : JJ Goldman

Ensemble

Souviens-toi
Était-ce mai, novembre
Ici ou là ?
Était-ce un lundi ?
Je ne me souviens que d'un mur immense
Mais nous étions ensemble
Ensemble, nous l'avons franchi
Reviens-moi
De tes voyages si loin
Reviens-moi
Tout s'ajoute à ma vie
J'ai besoin de nos chemins qui se croisent
Quand le temps nous rassemble
Ensemble, tout est plus joli
Ensemble

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Et l'on y peut rien

Comme un fil entre l'autre et l'un
Invisible, il pose ses liens
Dans les méandres des inconscients
Il se promène impunément

Et tout un peu tremble
Et le reste s'éteint
Juste dans nos ventres
Un noeud, une faim

Il fait roi l'esclave
Et peut damner les saints
L'honnête ou le sage
Et l'on n'y peut rien

Et l'on résiste on bâtit des murs
Des bonheurs, photos bien rangées
Terroriste, il fend les armures,
Un instant tout est balayé

Tu rampes et tu guettes
Et tu mendies des mots
Tu lis ses poètes
Aimes ses tableaux

Et tu cherches à la croiser
T'as quinze ans soudain
Tout change de base
Et l'on n'y peut rien

Il s'invite quand on ne l'attend pas
Quand on y croit, il s'enfuit déjà
Frère qui un jour y goûta
Jamais plus tu ne guériras

Il nous laisse vide
Et plus mort que vivant
C'est lui qui décide
On ne fait que semblant

Lui, choisit ses tours
Et ses va et ses vient
Ainsi fait l'amour
Et l'on n'y peut rien

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Une poussière

Dans ce désert
Torride enfer
Une poussière

Dans vos silences
Le vide immense
Quelqu'un s'avance

Que nous veut-il ?
Paisible ? hostile ?
Ainsi soit-il

Est-ce un fou de dieu ? Est-ce un missionnaire ?
Est-ce un de ces blancs docteurs ou bien militaires ?
Est-ce un aventurier, un vendeur, un touriste ?
Est-ce un riche trop riche attiré par le vide ?
Dans ce désert, une poussière

L'or ou le fer ? Frères que faire ? Une prière
Est-ce un colonial, un conquistador ?
Est-ce un des nôtres qui nous fera pire encore ?
Est-ce un rallye de machines hurlantes et sauvages ?
Est-ce une tempête qui noiera tout sous le sable ?
Dans ce désert, une poussière

C'est le monde et ses maladies
C'est le monde qui vient par ici
Pauvre monde, malade et transi
Vois le monde, sa mélancolie

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



La pluie

On voudrait savoir éviter
La pluie
Entre les gouttes se glisser
Deux, trois nuages et l'on
Court à l'abri
On n'aime pas trop se mouiller

On se dit qu'ailleurs
Sous d'autres latitudes
Le soleil est brûlant
Même en plein hiver
On rêve d'Orient,
De cap au sud
De sable et de mer

Et l'on attend sous des portes
Cochères
Ou transi sous un parapluie
On met des chapeaux, des gants,
Des impers
On se cache, on se rétrécit

Faudrait pas s'éloigner,
Rester dans son coin
Une averse et l'on risque
D'être surpris
Pas de jolie vie,
De joli chemin
Si l'on craint la pluie

On prie le ciel
Et les grenouilles
Et l'hirondelle
Que le temps tourne
Comme tourne la chance
Dieu que tout baigne
Quand il y a du soleil
Mais voilà,
Le mauvais temps ça
Recommence

Mais
Dans les vies sèches
L'eau se venge aussi
Y'a des ouragans,
Des moussons,
Des déserts.
Autant apprendre
A marcher
Sous la pluie
Le visage
Offert

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Tournent les violons

Grande fête au château il y a bien longtemps
Les belles et les beaux, nobliaux, noble sang
De tout le royaume on est venu dansant

Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons

Grande fête aux rameaux et Manon a seize ans
Servante en ce château comme sa mère avant
Elle porte les plateaux lourds à ses mains d'enfant

Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons

Le bel uniforme, oh le beau lieutenant
Différent des hommes d'ici blond et grand
Le sourire éclatant d'un prince charmant

Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons

Redoublent la fête et les rires et les danses
Manon s'émerveille en remplissant les panses
Le bruit, les lumières, c'est lui qui s'avance

Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons

En prenant son verre auprès d'elle il se penche
Lui glisse à l'oreille en lui frôlant la hanche
"Tu es bien jolie" dans un divin sourire

Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons

Passent les années dures et grises à servir
Une vie de peine et si peu de plaisir
Mais ce trouble là brûle en ses souvenirs

Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons

Elle y pense encore et encore et toujours
Les violons, le décor, et ses mots de velours
Son parfum, ses dents blanches, les moindres détails

Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons

En prenant son verre auprès d'elle il se penche
Lui glisse à l'oreille en lui frôlant la hanche
Juste quatre mots, le trouble d'une vie
Juste quatre mots qu'aussitôt il oublie

Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons

Elle y pense encore et encore et toujours


Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Un goût sur tes lèvres

C'est un goût sur tes lèvres, juste après les baisers
Une amertume à peine devinée

Combien de coups, crois-tu avant que tu dénonces ?
Combien de peurs avant de supplier ?
Combien de jours de faim, as-tu la réponse ?
Avant de te battre, avant de ramper
Combien de pouvoir, avant d'en abuser ?
De désillusion avant de quitter ?
Combien d'alcool pour tenir à la mine ?
De chantage avant que tu ne t'inclines ?

C'est un goût sur tes lèvres, juste après les baisers
Une amertume à peine devinée
Rien qu'un goût sur tes lèvres, qui es-tu, n'es-tu pas ?
Peut-être plus ou bien moins que tu crois

Combien d'années pour élever un enfant ?
Mais pour l'égorger c'est juste un instant
Combien de rêves en route abandonnés ?
D'"automensonges" pour se contenter ?
Combien de verres pour que tombe ton masque ?
Combien de faux adieux, de come back ?
Combien d'échecs avant que l'on comprenne ?
Et d'autos brûlées pour voter FN ?

C'est un goût sur tes lèvres, juste après les baisers
Une amertume à peine devinée
Rien qu'un goût sur tes lèvres une infime méfiance
Qui se cache sous les apparences ?
Un goût sur tes lèvres, rien qu'un goût sur tes lèvres
C'est un goût sur tes lèvres

Combien de temps pour la routine en amour ?
Aux hôpitaux pour ne plus dire bonjour ?
Combien d'images pour être concerné ?
Quel quota d'étrangers pour s'intégrer ?
Combien de pressions pour lâcher les principes ?
Et de désirs pour tromper et mentir ?
Combien de solitude sans appel au secours ?
De "tout le monde le fait" pour faire à ton tour ?
Combien d'argent, de succès pour changer ?
Combien de cons contre un seul à lyncher ?
Combien de mots pour blesser ou guérir ?
Combien d'espoir avant un bidonville ?

Combien ?

A ton avis ?

Combien ?

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Si je t'avais pas

Je jouerais du même harmonica
Je verrais le même arbre là-bas
Serais-je heureux sans toi ? Pourquoi pas ?
Rien que d'y penser ça me glace à chaque fois

Si je t'avais pas
Si je t'avais pas
Que serais-je, où ça ?
Ma maison c'est là
Exactement dans tes bras

J'aurais des enfants, mais pas ceux-là
Moitié moi, mais pas moitié toi
J'embrasserais, "comme ça", un peu distrait
Pas une fois, pas une, nous ne l'avons fait

Si je t'avais pas
Si c'était pas toi
Que serais-je, où ça ?
Mon pays c'est toi
Précisément dans tes bras

Bouge pas
C'est ma place à moi
Mon abri mon toit
J'habite tes bras
Là où me caressent tes doigts

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



C'est pas vrai

Et partout ça mitraille 100 000 vérités
On jure on clame on braille
Ça vient d'tous les côtés, mais c'est pas vrai

Ça fait pas mal
Tu n'as pas changé
On ne sort jamais jamais de son quartier
C'était très bien
Moi je ne vote plus
Les politiciens sont tous corrompus
Tout va plus mal
C'est le grand capital
Je te le rendrai
C'est la destinée
C'est tel père tel fils,
C'est maman ou putain,
La femme de ma vie
Ça vous va très bien

Et partout ça mitraille 100 000 vérités
On jure on clame on braille, ça vient d'tous les cotés
Radios et haut parleurs des chaînes par milliers
Et passent les rumeurs promis craché juré
Vérifié officiel certifié

Mais... c'est pas vrai l'amour ça dure pas
Quelle soirée super !
T'es trop bien pour moi
Nous c'est pas pareil
Appelle on en parle
Quand tu veux tu passes
C'est inévitable, un jour on se lasse
Je ne démissionnerai pas je le jure
Oh cette crème gomme vos vergetures
Tout se paye un jour
J'arrête quand je veux
C'est chacun son tour
Je fais ce que je peux

Et partout ça mitraille 100 000 vérités
On jure on clame on braille
Ça vient d'tous les cotés
Radios et haut parleurs des télés par milliers

Des infos des rumeurs
Les diplômes n'empêchent pas d'être chômeur c'est pas vrai
Les vaches sont herbivores c'est pas vrai
Faut être un tueur pour réussir c'est pas vrai
Là, normalement ça devrait marcher c'est pas vrai
Ne quittez pas, un agent va vous répondre c'est pas vrai
Sans piston on arrive à rien c'est pas vrai
Molière est mort sur scène c'est pas vrai
Ce joueur est intransférable c'est pas vrai
Y'a plus de morale c'est pas vrai
C'est à deux pas, y'en pour cinq minutes c'est pas vrai
Je suis désolé c'est pas vrai.
C'est pas vrai, c'est pas vrai...

Et partout ça mitraille et cent mille vérités
On jure on clame on braille ça vient d'tous les cotés
Radios et haut parleurs des chaînes par milliers
Et passent les rumeurs promis craché juré vérifié officiel
Certifié de source sûre

C'est pas vrai, c'est pas vrai
Dans la vie, t'as les gagnants et les perdants
Le national socialisme, c'est 1 000 ans de paix
Pas de sélection à l'entrée de l'université
Du passé faisons table rase
Y'a de plus en plus de racisme
I love you vous êtes vraiment super
C'est mon choix la pravda
Ce sont des victimes de la société
Je te rappelle sans faute
Ils font tous pareil
C'était mieux avant
Une de perdue, 10 de retrouvées

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



The Quo's in town tonite

Il a pris le train postal juste avant la nuit
A Valence il est mécano
Demain matin faut qu'il soit sans faute à Paris
Et tant pis pour le boulot

Ça fait des mois déjà qu'il regarde son billet
Son patron l'a laissé filer
Et personne aurait pu l'empêcher
Sur son bras c'est tatoué

Rossi, ses mots, et ses solos et Parfitt et sa caster
Les riffs à fond, le son go go
Le boogie woogie la tête à l'envers

Il a pris le train postal juste avant la nuit
Il en rêve au rythme des rails
Oh demain c'est la nuit de sa vie
The quo's in town tonite

Quand il arrive devant la salle il est midi
Y'a déjà des gars qu'il connaît
Les cheveux longs, les jeans délavés comme lui
De partout, même un Japonais

C'est l'attente, on cause, on fume en buvant des bières
Quand ils répètent on les entend
Et quand s'écarteront les barrières
Il va courir au premier rang

Pour Rossi ses mots, ses solos, et Parfitt et sa caster
Les riffs à fond, le son go go
Le boogie woogie la tête à l'envers

Plus que 2 heures encore, 2 heures à tirer
Et tout est prêt pour la bataille
Un accord et tout va sauter
The quo's in town tonite

C'est parti, ça l'prend partout de bas en haut
Ça l'secoue jusqu'à la folie
La basse au ventre et les grattes dans la peau
Ils sont à 2 mètres de lui

Et quand vient "down down" c'est sa préférée
Si l'batteur tombe ou va pisser
Y'a pas d'malaise pour l'rempacer :
Il la connaît les yeux fermés

Rossi ses mots, ses solos, et Parfitt et sa caster
Les riffs à fond, le son go go
Le boogie woogie la tête à l'envers

Le paradis c'est ici, c'est l'enfer !
C'est les flammes au fond des entrailles
Y'a rien qui ressemble à ses concerts
The quo's in town tonite

Et ça fait si vide après
Quand la vraie vie revient
Quand on les a vu saluer
Et qu'il faut reprendre son train

Mais cet été
Ils vont jouer dans les festivals
Il ira pendant ses congés
En Belgique et au Pays de Galles
The quo's in town tonite

Rossi ses mots, ses solos,
Et Parfitt, et sa caster

The quo's in town tonite


Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Je voudrais vous revoir

Cette lettre peut vous surprendre
Mais sait-on ? peut-être pas
Quelques braises échappées des cendres
D'un amour si loin déjà

Vous en souvenez-vous ?
Nous étions fous de nous

Nos raisons renoncent, mais pas nos mémoires
Tendres adolescences, j'y pense et j'y repense
Tombe mon soir et je voudrais vous revoir

Nous vivions du temps, de son air
Arrogants comme sont les amants
Nous avions l'orgueil ordinaire
Du "nous deux c'est différent"

Tout nous semblait normal, nos vies seraient un bal
Les jolies danses sont rares, on l'apprend plus tard
Le temps sur nos visages a soumis tous les orages
Je voudrais vous revoir et pas par hasard

Sûr il y aurait des fantômes et des décors à réveiller
Qui sont vos rois, vos royaumes ? mais je ne veux que savoir
Même si c'est dérisoire, juste savoir
Avons-nous bien vécu la même histoire ?

L'âge est un dernier long voyage
Un quai de gare et l'on s'en va
Il ne faut prendre en ses bagages
Que ce qui vraiment compta

Et se dire merci
De ces perles de vie
Il est certaines
Blessures au goût de
Victoire
Et vos gestes, y reboire
Tes parfums, ton regard
Ce doux miroir
Où je voudrais nous revoir


Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia


Les p'tits chapeaux

Elle met plein de p'tits
Chapeaux bizarres
Elle sourit quand elle
Marche dans la rue...

Aux indiens, aux livreurs, aux motards
C'est pas la plus jolie,
Ça tombe bien, moi non plus...

Elle ramasse les paumés, tout c'qui traîne...

Les vieux, les chats
Dans l'tas y'avait moi

Les plaies, les bosses, ceux qui saignent, elle aime...

Quand on lui demande pourquoi, elle répond : "pourquoi pas ?"

Elle a comme une
P'tite douleur dans l'regard
Cette ombre qui rend les gens
Fréquentables

Elle m'est tombée
Dessus sans trop crier gare
J'voudrais qu'elle me garde
Un p'tit peu plus tard

Elle me trouve beau et puis je la crois
Elle dit : "ça m'saoûle", "c'est pas laid",
"Ça m'pèle"... elle a trop chaud
Toujours, ou trop froid

Le monde lui fait pas peur, elle trouve la vie mortelle

Et j'aime aussi comme elle
Se passe de moi
Comme elle est fière
Et secrète parfois
Comme elle donne tout
A chaque fois
Elle met des petits chapeaux
Et moi ça me va...


Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Les choses

Si j'avais si j'avais ça
Je serais ceci je serais cela
Sans chose je n'existe pas
Les regards glissent sur moi
J'envie ce que les autres ont
Je crève de ce que je n'ai pas
Le bonheur est possession
Les supermarchés mes temples à moi

Dans mes uniformes, rien que des marques identifiées
Les choses me donnent une identité

Je prie les choses et les choses m'ont pris
Elles me posent, elles me donnent un prix
Je prie les choses, elles comblent ma vie
C'est plus 'je pense' mais 'j'ai' donc je suis

Des choses à mettre, à vendre, à soumettre
Une femme objet qui présente bien
Sans trône ou sceptre je me déteste
Roi nu, je ne vaux rien

J'ai le parfum de Jordan
Je suis un peu lui dans ses chaussures
J'achète pour être, je suis
Quelqu'un dans cette voiture
Une vie de flash en flash
Clip et club et clop et fast food
Fastoche speed ou calmant
Mais fast, tout le temps zap le vide
Et l'angoisse

Plus de bien de mal, mais est-ce que ça passe à la télé
Nobel ou scandale ? on dit 'V.I.P'

Je prie les choses et les choses m'ont pris
Elles me posent, elles me donnent un prix
Je prie les choses, elles comblent ma vie
C'est plus 'je pense' mais 'j'ai' donc je suis

Des choses à mettre, à vendre, à soumettre
Une femme objet qui présente bien
Sans trône ou sceptre je me déteste
Roi nu, je ne vaux rien

Je prie les choses et les choses m'ont pris
Elles me posent, elles me donnent un prix
Je prie les choses, elles comblent ma vie
C'est plus 'je pense' mais 'j'ai' donc je suis

Un tatouage, un piercing, un bijou
Je veux l'image, l'image et c'est tout
Le bon 'langage' les idées 'qu'il faut'
C'est tout ce que je vaux

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia

Paroles album : En passant

Catégorie : JJ Goldman

Sache que je

Il y a des ombres dans « je t'aime »
Pas de l'amour, pas que ça
Des traces de temps qui traînent
Y'a du contrat dans ces mots-là

Tu dis l'amour a son langage
Et moi les mots ne servent à rien
S'il te faut des phrases en otage
Comme un sceau sur un parchemin

Alors sache que je
Sache le
Sache que je

Il y a mourir dans "je t'aime"
Il y a je ne vois plus que toi
Mourir au monde, à ses poèmes
Ne plus lire que ses rimes à soi

Un malhonnête stratagème
Ces trois mots là n'affirment pas
Il y a une question dans "je t'aime"
Qui demande, "et m'aimes-tu, toi ?"

Alors sache que je
Sache le
Sache que je

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Bonne idée

Un début de janvier, si j'ai bien su compter
Reste de fête ou bien voeux très appuyés
De Ruth ou de Moïshé, lequel a eu l'idée ?
Qu'importe j'ai gagné la course, et parmi des milliers
Nous avons tous été vainqueurs, même le dernier des derniers
Une fois au moins les meilleurs, nous qui sommes nés
Au creux de nos mères qu'il faut bon mûrir
Et puis j'ai vu de la lumière alors je suis sorti
Et j'ai dit
Bonne idée

Y'avait du soleil, des parfums, de la pluie
Chaque jour un nouveau réveil, chaque jour une autre nuit
Des routes et des motards et des matches de rugby
Des spaghetti, Fréderic Dard et Johnny Winter aussi
On m'a dit c'est qu'une étincelle avant l'obscurité
Juste un passage, un arc en ciel, une étrange absurdité
Des frères, des tendres, des trésors à chercher
Des vertiges à prendre, à comprendre et des filles à caresser
J'me suis dit
Bonne idée

Et puis y'a toi qui débarque en ouvrant grand mes rideaux
Et des flots de couleurs éclatent et le beau semble bien plus beau
Et rien vraiment ne change mais tout est différent
Comme ces festins qu'on mange seul ou en les partageant

Je marchais au hasard le soir était tombé
Avec mon sac et ma guitare j'étais un peu fatigué
Tout était si désert, où me désaltérer ?
Et puis j'ai vu de la lumière et je vous ai trouvés
Bonne idée

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Tout était dit

Elle écrit seule à sa table et son café refroidit
Quatre mètres infranchissables, un bar un après-midi
J'avais rendez-vous je crois, j'avais pas le temps
Avec un pape ou peut-être un président
Mais la fille est jolie
Et les papes sont sûrement patients

Elle était là dans son monde, son monde au beau milieu du monde
Loin, ses yeux posés ailleurs, quelque part à l'intérieur
Plongée dans son livre, belle abandonnée
En elle je lis tout ce qu'elle veut cacher

Dans chacun de ses gestes un aveu, un secret dans chaque attitude
Ses moindres facettes trahies bien mieux que par de longues études
Un pied se balance, une impatience, et c'est plus qu'un long discours
Là, dans l'innocence et l'oubli
Tout était dit

On ne ment qu'avec des mots, des phrases qu'on nous fait apprendre
On se promène en bateau, pleins de pseudo de contrebande
On s'arrange on roule on glose on bienséance
Mieux vaut de beaucoup se fier aux apparences
Aux codes de corps
Au langage de nos inconsciences

Muette étrangère, silencieuse bavarde
Presque familière, intime plus je te regarde

Dans chacun de tes gestes un aveu, un secret dans chaque attitude
Même la plus discrète ne peut mentir à tant de solitude
Quand ta main cherche une cigarette c'est comme une confession
Que tu me ferais à ton insu

A ta façon de tourner les pages, moi j'en apprends bien davantage
La moue de ta bouche est un langage, ton regard un témoignage
Tes doigts dans tes cheveux s'attardent, quel explicite message
Dans ton innocence absolue

Et ce léger sourire au coin des lèvres c'est d'une telle indécence
Il est temps de partir, elle se lève, évidente, transparente
Sa façon de marcher dans mon rêve, son parfum qui s'évanouit
Quand elle disparaît de ma vie
Tout était dit

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Quand tu danses

J'ai fait la liste de ce qu'on ne sera plus
Quand tu danses, quand tu danses
Mais que deviennent les amoureux perdus
Quand tu danses, y songes-tu ?
Quand tu danses, y songes-tu ?

Amis non, ni amants, étrangers non plus
Quand tu danses, quand tu danses
Mais quel après, après s'être appartenus ?
Quand tu danses, y songes-tu ?
Quand tu danses, y songes-tu ?

Je crois bien que j'aurai besoin de te voir
Quand tu danses, quand tu danses
Sans te parler, ni déranger, mais te voir
Quand tu danses, y songes-tu ?
Quand tu danses, y songes-tu ?

Et toutes les peines, toutes, contre une seule de nos minutes

Mais n'être plus rien après tant, c'est pas juste
Quand tu danses, y songes-tu ?
Quand tu danses, y songes-tu ?

Et j'ai fait la liste de ce qu'on ne sera plus

Mais que deviennent les amours éperdues ?
Quand tu danses, y songes-tu ?
Quand tu danses, y songes-tu ?


Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Le coureur

Je courais sur la plage abritée des alizés
Une course avec les vagues, juste un vieux compte à régler
Pieds nus comme couraient mes ancêtres oh j'ai bien vu derrière ses lunettes
Un type avec un chronomètre

Je suis rentré au soir quand les vagues ont renoncé
Il était déjà tard mais les parents m'attendaient
Y'avait l'homme bizarre à la table, ma mère une larme, un murmure
Des dollars et leur signature

J'ai pris le grand avion blanc du lundi
Qu'on regardait se perdre à l'infini
J'suis arrivé dans le froid des villes
Chez les touristes et les automobiles
Loin de mon ancienne vie

On m'a touché, mesuré comme on fait d'un cheval
J'ai couru sur un tapis, pissé dans un bocal
Soufflé dans un masque de toutes mes forces, accéléré plein d'électrodes
Pour aller jusqu'où j'avais trop mal

On m'a mis un numéro sur le dos
Y'avait des gens qui criaient, des drapeaux
On courait toujours en rond, des clous aux deux pieds pour écorcher la terre
Je la caressais naguère

J'ai appris à perdre, à gagner sur les autres et le temps
À coups de revolver, de course en entraînement
Les caresses étranges de la foule, des podiums
Et les coups de coude
Les passions, le monde et l'argent

Moi je courais sur ma plage abritée des alizés
Une course avec les vagues, juste un vieux compte à régler
Puis le hasard a croisé ma vie
J'suis étranger partout aujourd'hui

Était-ce un mal, un bien ?
C'est ainsi

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Juste quelques hommes

Après les brumes, où commence le ciel
Où les aigles reculent, où manque l'oxygène
Où les grands froids règnent même au soleil
Aux neiges éternelles
Où rien ne pousse, où les âmes s'éteignent
Où plus rien ne frissonne
Plus rien ni personne
Juste quelques hommes
Quelques hommes

Au fond des fonds aux entrailles des mers
Où les sirènes sombrent en leurs sombres repaires
Plus loin que loin, aux extrêmes extrêmes
Où plus un être n'ose
Des astres éteints au sein des volcans même
Où les laves fusionnent
Ni rien, ni personne
Juste quelques hommes
Quelques hommes

Au plus sauvage, où renoncent les fauves
Dans les grands marécages où les humains pataugent
Au bout du mal, où tous les dieux nous quittent
Et nous abandonnent
Dans ces boues noires où même les diables hésitent
À genoux pardonnent
Juste quelques hommes
Quelques hommes justes
Quelques hommes justes

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Nos mains

Sur une arme les doigts noués
Pour agresser, serrer les poings
Mais nos paumes sont pour aimer
Y'a pas de caresse en fermant les mains

Longues, jointes en une prière
Bien ouvertes pour acclamer
Dans un poing les choses à soustraire
On ne peut rien tendre les doigts pliés

Quand on ouvre nos mains
Suffit de rien dix fois rien
Suffit d'une ou deux secondes
À peine un geste, un autre monde
Quand on ouvre nos mains

Mécanique simple et facile
Des veines et dix métacarpiens
Des phalanges aux tendons dociles
Et tu relâches ou bien tu retiens

Et des ongles faits pour griffer
Poussent au bout du mauvais côté
Celui qui menace ou désigne
De l'autre on livre nos vies dans les lignes

Quand on ouvre nos mains
Suffit de rien dix fois rien
Suffit d'une ou deux secondes
À peine un geste, un autre monde
Quand on ouvre nos mains

Un simple geste d'humain
Quand se desserrent ainsi nos poings
Quand s'écartent nos phalanges
Sans méfiance, une arme d'échange
Des champs de bataille en jardin

Le courage du signe indien
Un cadeau d'hier à demain
Rien qu'un instant d'innocence
Un geste de reconnaissance
Quand on ouvre comme un écrin
Quand on ouvre nos mains


Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Natacha

De mes tristesses me reste un grand manteau
Qui laisse passer le froid
De ces lambeaux de jeunesse un vieux chapeau
Qui ne me protège pas
Je sais mieux choisir un chemin,
Me méfier d'une main
Tu vois je ne sais rien
Le temps qui passe ne guérit de rien Natacha
Toi tu le sais bien

De mille ans de froid, de toundra
De toutes ces Russie qui coulent en toi
De trop d'hivers et d'espoirs et d'ivresse
Au chant des Balalaïkas
Tu dis qu'on a peur et qu'on glisse en ses peurs
Comme glissent les nuits de Viatka
Dans chacun de tes baisers Natacha
C'est tout ça qui m'attache à toi


Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Natacha (2éme version)

De mes tristesses me reste un grand manteau
Qui laisse passer le froid
De ces lambeaux de jeunesse un vieux chapeau
Qui ne me protège pas
Je sais mieux choisir un chemin,
Me méfier d'une main
Tu vois je ne sais rien
Le temps qui passe ne nous guérit pas Natacha
Toi tu le sais bien

De mille ans de froid, de toundra
De toutes ces Russie qui coulent en toi
De trop d'hivers et d'espoirs et d'ivresse
Au chant des Balalaïkas
Tu dis qu'on a peur et qu'on glisse en ses peurs
Comme glissent les nuits de Viatka
Dans chacun de tes baisers Natacha
C'est tout ça qui m'attache à toi

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Les murailles

Géantes ces murailles bâties de pierres et de sang
Plus hautes que les batailles, défiant le poids des ans
Aujourd'hui quatre vents feraient s'envoler ses tours
Et l'on jurait avant que ça durerait toujours

Corons, terrils au nord, litanie des paysages
Aux vivants comme aux morts, la mine histoire et langage
Ce charbon peine et chance, chaque mineur l'a vécu
Mais un jour ce silence, oh pas un ne l'aurait cru

Et j'avais fait des merveilles en bâtissant notre amour
En gardant ton sommeil, en montant des murs autour
Mais quand on aime on a tort, on est stupide, on est sourd
Moi j'avais cru si fort que ça durerait toujours
J'avais cru si fort que ça durerait toujours

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



On ira

On partira de nuit, l'heure où l'on doute
Que demain revienne encore
Loin des villes soumises, on suivra l'autoroute
Ensuite on perdra tous les nords

On laissera nos clés, nos cartes et nos codes
Prisons pour nous retenir
Tous ces gens qu'on voit vivre comme s'ils s'ignoraient
Qu'un jour il faudra mourir

Et qui se font surprendre au soir

Oh belle, on ira
On partira toi et moi, où ?, je sais pas
Y'a que les routes qui sont belles
Et peu importe où elles nous mènent
Oh belle, on ira, on suivra les étoiles et les chercheurs d'or
Si on en trouve, on cherchera encore

On n'échappe à rien pas même à ses fuites
Quand on se pose on est mort
Oh j'ai tant obéi, si peu choisi petite
Et le temps perdu me dévore

On prendra les froids, les brûlures en face
On interdira les tiédeurs
Des fumées, des alcools et des calmants cuirasses
Qui nous ont volé nos douleurs
La vérité nous fera plus peur

Oh belle, on ira
On partira toi et moi, où ?, je sais pas
Y'a que des routes qui tremblent
Les destinations se ressemblent
Oh belle, tu verras
On suivra les étoiles et les chercheurs d'or
On s'arrêtera jamais dans les ports

Belle, on ira
Et l'ombre ne nous rattrapera peut-être pas
On ne changera pas le monde
Mais il nous changera pas
Ma belle, tiens mon bras
On sera des milliers dans ce cas, tu verras
Et même si tout est joué d'avance, on ira, on ira

Même si tout est joué d'avance
À côté de moi, Tu sais y'a que les routes qui sont belles
Et crois-moi, on partira, tu verras
Si tu me crois, belle
Si tu me crois, belle
Un jour on partira
Si tu me crois, belle
Un jour


Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



En passant

Toutes les ébènes ont rendez-vous
Lambeaux de nuit quand nos ombres s'éteignent
Des routes m'emmènent, je ne sais où
J'avais les yeux perçants avant, je voyais tout

Doucement reviennent à pas de loup
Reines endormies, nos déroutes anciennes
Coulent les fontaines jusqu'où s'échouent
Les promesses éteintes et tous nos voeux dissous

C'était des ailes et des rêves en partage
C'était des hivers et jamais le froid
C'était des grands ciels épuisés d'orages
C'était des paix que l'on ne signait pas

Des routes m'emmènent, je ne sais où
J'ai vu des oiseaux, des printemps, des cailloux
En passant

Toutes nos défaites ont faim de nous
Serments résignés sous les maquillages
Lendemains de fête, plus assez saouls
Pour avancer, lâcher les regrets trop lourds

Déjà ces lents, ces tranquilles naufrages
Déjà ces cages qu'on n'attendait pas
Déjà ces discrets manques de courage
Tout ce qu'on ne sera jamais, déjà

J'ai vu des bateaux, des fleurs, des rois
Des matins si beaux, j'en ai cueilli parfois
En passant

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia

 

Paroles album : Rouge

Catégorie : JJ Goldman

Serre-moi

Parce que la pluie, le sort
Les vents, la nuit, dehors
Les mots tremblants qu'on ne sait plus croire
Parce que les absents et nos mémoires

Parce qu'avec le temps, va
Tout, dit-il, tout s'en va
Beau camarade, nos beaux espoirs
Parce que la triste ironie des miroirs

Des malins qui parlent haut
Des oubliés privés de mots

Serre-moi fort
Serre-moi encore, petite
Quand ta jeunesse et ton décors
Sans tes caresses, la vie mord

Serre-moi fort
Serre-moi encore, petite
Ferme les bras, ferme la porte
Aux diables qui m'emportent
Aux diables qui m'emportent
Aux diables qui m'emportent

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



On n'a pas changé

J'ai des idoles en solde, j'ai quelques saints à céder
Des vieux leaders en vrai toc, j'ai des gourous périmés
Pas mal de stars de rock en stock, ex-rebelles "jetsettisés"

J'ai quelques dieux en boutique, 2, 3 prophètes à brader
Des discours à prix modique, des langues en bois démodées
Même un président pathétique, cynique et boursouflé

C'est le grand marché de l'histoire
C'est un vieux monde à oublier
Restent nos rêves et nos espoirs pour tout recommencer

Et puis rallumer la lumière
Briser l'obscurité
Balayer la poussière
Respirer, respirer

Et puis remonter les rivières
Persister et signer
Une autre vie, d'autres frontières
C'était nos slogans, nos idées, on n'a pas changé

J'ai des rusés, des malins, médiatiques et maquillés
Des charmants, des magiciens, pour les plus désemparés
Des spécialistes en lieux communs, suffisants initiés
J'ai des sondages discrets pour remplacer toutes pensées
J'ai des mensonges-vérités, dès qu'ils passent à la télé
J'ai des marchands, des tapis, qui peuvent tout acheter

C'est la grand marché, c'est la foire
Nouveau monde "audimatisé"
Restent nos rêves et nos espoirs
Pour tout recommencer


Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Que disent les chansons du monde ?

Que disent les chansons du monde de Prague à Bogota
Jaunes, indiennes, noires ou blondes, à Shanghai, à Rabat ?

Que disent les chansons d'ailleurs, de leurs mots d'enfant ?
Compagnonnes de candeur à chaque grave instant
De quelle religion les notes? Les mots quelle couleur ?
Danses et plaintes polyglottes, que disent les choeurs ?

Que fécondes nos terres et nos dieux miséricordieux
Qu'après l'ombre et la lumière pour les sages et les pieux
Que les femmes seraient des fleurs offertes à nos désirs
Mais qu'il faut prendre leur coeur avant de les cueillir

Et le temps qui passe, et le temps qui court
Et le temps qui lasse, tasse, casse et fait les amours
Et nos peurs immenses, nos rêves infinis
Les fêtes et les danses, danses, danses, danses et puis l'oubli
Partout les mêmes "m'aimes-tu aussi ?"
Quand tes bras me serrent, serrent, serrent et que vient la nuit

Qu'il faut partir à la guerre la fleur au fusil
Vive notre patrie mère et mort à l'ennemi
Que la mer amante cruelle à la vie à la mort
Que nos montagnes sont belles et respectent les forts

Qu'un matin plus de misère et la révolution
Qu'il était une bergère et petit patapon
Qu'ave maria, notre père, à nos péchés pardon
Que fais dodo petit frère et parti le dragon

Et le temps fugace et le temps si court et le temps vorace
Chasse, efface tous nos discours
Mêmes rengaines au Caire à Sydney, dis-moi que tu m'aimes,
Même, même, même, si tu sais
Que le temps rapace, que le temps vautour, que le temps nous
Lâche, lasse, glace et gagne toujours

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Il part

Lourd éveil emmêlé de ses bras
D'un sommeil épais comme un coma
S'arracher du corps à la tiédeur
Sale aurore, il était déjà l'heure

Il part finir sa nuit près d'autres bras
Près d'une autre qui dort, ou qui fait semblant

Toute blafarde, les peaux, le silence
Tout sépare, le froid, l'impatience
Effacer, prudence misérable
Cheveux, parfums, traces de coupable

Il part, et je le sens si loin déjà
Près d'un autre mensonge, qui songe

Il part et je me redis c'est la dernière fois
Sans y croire, j'ai froid
On s'appelle
C'est ça

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Juste après

Elle a éteint la lumière ?
Et puis qu'est-ce qu'elle a bien pu faire,
Juste après ?

Se balader, prendre l'aire ?
Oublier le sang, l'éther
C'était la nuit ou le jour ?
Juste après

Deux, trois mots d'une prière ?
Ou plutôt rien et se taire
Comme un cadeau qu'on savoure
Qu'a-t-elle fait ?

Un alcool, un chocolat ?
Elle a bien un truc comme ça
Dans ces cas-là

Le registre, un formulaire
Son quotidien, l'ordinaire
Son univers

A-t-elle écrit une lettre ?
Fini un bouquin peut-être ?
Une cigarette ?

Qu'est-ce qu'on
Peut bien faire
Après ça ?

Elle y est sûrement retournée
Le regarder respirer
Puis s'est endormie

Comme dormait cet enfant
Si paisible en ignorant
Qu'on en pleurait jusqu'ici

Mais qu'est-ce qu'on peut bien faire
Après ça ?


Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Rouge

Y aura des jardins, d'l'amour et du pain
Des chansons, du vin, on manquera de rien
Y aura du soleil sur nos fronts
Et du bonheur plein nos maisons
C'est une nouvelles ère, révolutionnaire

On aura du temps pour rire et s'aimer
Plus aucun enfant n'ira travailler
Y aura des écoles pour tout l'monde
Que des premières classes, plus d'secondes
C'est la fin de l'histoire, le rouge après le noir

On aura nos dimanches
On ira voir la mer
Et nos frères de silence
Et la paix sur la terre
Mais si la guerre éclate
Sur nos idées trop belles
Autant crever pour elles
Que ramper sans combattre

Y aura des jardins, d'l'amour et du pain
On s'donnera la main tous les moins que rien
Y aura du soleil sur nos fronts
Et du bonheur plein nos maisons
C'est une nouvelle ère, révolutionnaire

Un monde nouveau, tu comprends
Rien ne sera plus jamais comme avant
C'est la fin de l'histoire, le rouge après le noir

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Des vôtres

De ce pays, de ces mots, des vôtres comme d'un drapeau
Je reviens

Vierges mondes, or et cristaux, femmes douces comme une autre peau
Coraux, parfums tropicaux, fièvres de ces matins nouveaux
J'ai tout vu tout pris, tout entendu, touché les glaces et goûté les feux les plus chauds
Des mètres et du temps j'ai su, comme le ciel est à l'oiseau
Je suis des vôtres

De ces vents, de cette histoire, de ces gens de peu, de ces eaux
Libres enfants de communards, libres sangs baignés d'idéaux
Plus j'étais loin, plus vous étiez beaux, comme on s'éloigne
Pour mieux voir un tableau
Dans ces errances exutoires, je vous croisais comme un écho
Je suis des vôtres

Pas des pas des pas des pas des pas des
page à page à page à page à page à
Pas j'ai pas j'ai pas j'ai pas j'ai pas
les mots les mots les mots
J'ai pas les mots qu'il faut

J'étais parti pour me trouver
Je ne reviens que pour aimer

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Frères

Je viens des plaines
Je suis des montagnes
Ces terres-là sont les miennes
Ce sont nos campagnes
A nous depuis la nuit des temps
Nous y étions avant
Nous combattrons pendant 1000 ans
jusqu'au dernier sang

Les mêmes cris, mêmes discours
Les mêmes dialogues de sourd
Contraintes et semblables aussi
Identiques au fond de la nuit

Frères, la même jeunesse, même froid sous la même pluie
Frères, mêmes faiblesses, la même angoisse aux mêmes bruits
Frères, frères de pleurs, frères douleurs
Du même acier dans les mêmes ventres déchirés

Je reçois des lettres
Chaque semaine,
Les mères s'inquiètent
Elles font des prières
J'ai une photo de ma femme
j'ai aussi le goût de ses larmes

Après, quand tout sera fini
Quand la victoire aura souri
Après, la vie la belle vie
Bientôt quand tout s'ra fini

Frères, mêmes tremblements, mêmes peurs et mêmes fusil
Frères, mêmes talismans, mêmes alcool pour un même oubli
Frères, frères d'instant, frères d'histoire
Gravés dans la même pierre glacée sans mémoire
Frères, même anonymat, frères d'absurdité
Frères, frères d'attente au fond des mêmes tranchées
Frères, frères de sang, frères de mal
De pulsions libérées du fond du même animal
Du même animal

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Des vies

Ca fera un avocat, peut-être un notaire
Tradition de famille, du côté du père
S'il a des problèmes pour aller jusqu'en fac
Il ira quand même, y'a des boîtes à bac

Période rebelle entre quinze et dix-huit
Il dira des gros mots, il fumera du shit
Passage à l'acte : une amie de sa mère
Il aimera les docksides et Mark Knopfler

La soeur d'un voisin, flash, on s'aime, on se noce
Auto, un enfant trois quarts, roulez carrosse
Maîtresses, plusieurs, pas de plaisir sans gêne
Divorce, quarantaine, pour la même en plus jeune

Des vies, que des vies, pas les mieux, pas les pires
Des bas, des hauts, des cris, des sanglots, des feux, des désirs
Du temps qu'on aura pu saisir
Et que restait-t-il à écrire ?
Des vies où l'on aura eu peu, si peu à choisir

Il s'ra chanteur de rap, joueur de basket
Boxeur, sprinter, G.I. peut-être
S'il a l'étincelle, mort ou dealer
Rien d'autre au menu de son quartier, sa soeur
Probablement même à quinze ans, classique
T'échappes à la police, pas aux statistiques
Autre enfant d'la rue, n'e de père inconnu
Qui de bien entendu, compris ? On continue

De vrais oublis, de faux souvenirs
Des coups de sang, de coeur et souffrir et rire et plaisir
Des parties qu'on aura cru jouer
Lesquelles n'étaient pas programmées ?
Des vies où l'on aura eu peu, si peu à écrire

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Ne lui dit pas

Troubles images issues du temps
Messages d'enfant
Vagues voyages au gré d'avant

Ne lui dis pas
Ce n'est qu'à toi
Rêve tout bas
Ne lui dis pas

Tendres caresses, fièvres et sang
Les peaux s'entendent et se tendent
Paupières closes, qui te prend ?

Ne lui dis pas
Ca sert à quoi
Ce n'est qu'à toi
Ne lui dis pas

On n'avoue rien si l'on est innocent
Les mots sont vains, les mystères indulgents
La pénombre éclaire
Du silence au mensonge
C'est l'espace des songes

Page après page, vie sur vie
Quand les questions dansent
N'est-ce que ça ? Était-ce lui ?

Ne lui dis pas
Ce n'est qu'à toi
Rêve plus bas
Ne lui dis pas

Qu'il est si tard, qu'il ne t'étonne plus
Qu'il ne sait pas et qu'il n'a jamais su
Que bientôt l'hiver
Si c'était à refaire
Mais "chut" mieux veut se taire
Ne lui dis pas

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Elle avait 17 ans

"À quoi tu rêves redescends
C'est comme ca passe autrement
Faudra bien que tu comprennes
À chaque jour suffit sa peine
Après tout c'qu'on a fait pour toi
À ton âge, on s'plaignait pas
L'excès en tout est un défaut
T'as pourtant pas tout c'qui te faut ?"

Ca devrait être interdit
Tous ces mots tranchants comme des scies
Antidotes à la vie, à l'envie
Mais quelle est sa maladie ?

Elle avait dix-sept ans, elle avait tant et tant
De rêves à vivre
Et si peu l'envie de rêver, comme ces gens
Âgés qui tuent le temps
Qu'ils n'ont plus, assis sur des bancs
Dix-sept ans, elle dérivait à l'envers loin des
Vérités avérées
Elle disait qui vivra verra, et moi je vivrai,
vous verrez !

"Méfie-toi de tes amis
Dans la vie pas de sentiment
On ne vit pas avec des si
Y'a les gagnants et les perdants
T'as trop d'imagination
Mais garde un peu les pieds sur terre
Faudra qu'tu t'fasse une raison
Attends, tais-toi, mais pour qui tu t'prends ?"

Elle aimait pas les phrases en cage
Être sage, pas le courage
Elle disait quitte à tomber de haut
Qu'elle vendrait chèrement sa peau

Elle avait dix-sept ans
Elle prenait la vie comme un livre qu'elle
Commençait par la fin
Ne voulait surtout pas choisir pour ne jamais
Renoncer à rien
Dix-sept ans
Elle était sans clé, sans bagages, pauvres
Accessoires de l'âge
Elle voulait que ses heures dansent au
Rythme de ses impatiences

Face à tant d'appétit vorace
Que vouliez-vous que j'y fasse ?

A tant de violente innocence
J'avais pas l'ombre d'une chance


Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia



Fermer les yeux

Et puis cette ombre au fond de l'ombre
Et puis ces deux mains qui se nouent
Ces gestes faits et refaits sans en voir le bout
Et puis cette ombre encore debout

Le cri d'une sirène
Quand le jour a déteint
Parenthèse de peine
L'oubli jusqu'à demain

Longues secondes inertes
Le corps à l'abandon
Gestes lents, cigarettes
Puis s'essuyer le front

Vague regard au ciel
Pour l'heure ou pour le temps
Trop de pluie, de soleil
C'est tout c'qu'il en attend

Déjà loin de ses haines
Aussi loin qu'il le peut
Où ses rêves l'entraînent
Quand il ferme les yeux

Et puis cet otage sans cage
Et puis tous ces hommes en essai
Son grave visage, maquillage, sans âge
Et puis ces billets dans ta main

Tu peux prendre ses lèvres
Tu peux goûter sa peau
Décider de ses gestes
Même dicter ses mots

Soumettre à tes plaisirs
Tant que le compte est bon
Arracher des sourires
Même changer son nom

Maître d'une apparence
Possédant de si peu
D'un vide, d'une absence
Dès qu'elle ferme les yeux

Quand la peine est trop lourde
Quand le monde est trop laid
Quand la chance est trop sourde
La vérité trop vraie

Comme un dernier voyage
Pour y voir enfin mieux
Enfin d'autres images
Quand on ferme nos yeux
Quand on ferme nos yeux

Auteur et compositeur : Jean-Jacques Goldman
Edition : JRG Editions musicales - Distributeur : Columbia

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Jean Jacques Goldman

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